Note doctrinale — Chantier Énergie · Pilier XII
XII

Énergie & carburants : sortir des palliatifs

Du bouclier financé à crédit à la souveraineté énergétique assumée

Mai 2026 · 11 pages

Cette note applique la doctrine de la concorde républicaine au prix de l'énergie et des carburants — un dossier où la France enchaîne les palliatifs financés à crédit, sans jamais traiter sa dépendance structurelle. Elle refuse la guerre culturelle entre pro-nucléaire et pro-renouvelable, et propose un mix souverain décidé pour le pays, non contre une moitié de celui-ci.

L'état des lieux

Depuis les frappes américano-israéliennes sur l'Iran (28 février 2026) et le risque sur le détroit d'Ormuz, les marchés se sont tendus : le Brent évolue autour de 88 $. À la pompe, l'État répond comme toujours par une remise temporaire — la « remise Lecornu » de 20 centimes par litre, en vigueur jusqu'à fin juin 2026. Côté gaz, le Prix Repère de la CRE a bondi de près de +16 % sur le seul mois de mai.

Le diagnostic

Boucliers, remises, chèques : des dispositifs qui soulagent un trimestre mais masquent la dépendance. Paradoxe français : notre électricité, largement nucléaire et bon marché à produire, est facturée au prix de la dernière centrale appelée — souvent au gaz.

La ligne de concorde

Ni le tout-nucléaire dogmatique, ni le tout-renouvelable idéologique : un mix souverain, lucide, décidé pour le pays. Le vrai levier n'est ni à Téhéran ni à l'OPEP — il est dans un choix politique de souveraineté.

I. Diagnostic — Le pays des palliatifs

1. État des lieux — mai 2026

La tension géopolitique a renchéri le pétrole (Brent autour de 88 $) ; à la pompe, les prix sont élevés et l'État y répond par une remise temporaire de 20 centimes par litre, en vigueur jusqu'à fin juin 2026. Côté gaz, le Prix Repère de la CRE a progressé de près de 16 % sur le seul mois de mai. À chaque tension, la même réponse : un dispositif d'urgence, financé à crédit.

2. Le paradoxe français de l'électricité

La France importe son pétrole ; son gaz est indexé sur le marché mondial ; et — c'est le paradoxe — son électricité, pourtant largement nucléaire et peu coûteuse à produire, est facturée au prix de la dernière centrale appelée, souvent au gaz. Le pays ne profite donc pas du coût réel de son propre parc. Les palliatifs masquent cette dépendance structurelle au lieu de la traiter.

II. L'application de la doctrine

1. Lucidité active

La lucidité active appliquée au portefeuille, c'est la transparence : publier régulièrement les marges de raffinage et de distribution, plutôt que de subventionner sans regarder. C'est aussi refuser la guerre culturelle énergétique, qui fait perdre au pays le temps qu'il devrait consacrer à sa souveraineté.

2. Doctrine des deux rives

La rive ancrée, c'est l'ouvrier rural qui fait 80 km par jour sans alternative, pour qui le carburant n'est pas un confort mais une condition de travail — « ceux qui paient et qui se taisent ». La rive ultra-moderne, c'est la relance nucléaire (EPR, SMR) et les renouvelables là où ils sont pertinents. La doctrine tient les deux : on protège les ménages exposés tout en investissant dans la souveraineté énergétique.

3. République de la dignité

Protéger sans arroser : une aide doit aller à qui en a besoin, pas à tous indistinctement. Et la dignité de la nation se joue ici dans la souveraineté énergétique — la capacité à décider de son prix de l'électricité indépendamment des chocs extérieurs.

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